[Guide] Numérique VS Analogique

Cette semaine, on vous propose un dossier de fond sur un sujet universel : numérique ou analogique ? Quels avantages/inconvénients proposent chaque système ? La réponse sur le blog Retrofutur.

Numérique ou analogique, quelles différences ?

Si la finalité est la même – diffuser de la musique – il existe autant de différences que de similitudes dans les deux approches.

Analogique : système pour esthètes

Il existe plusieurs types de source analogique, mais dans ce dossier nous nous concentrerons sur le leader du genre : le vinyle. Vous pouvez d’ailleurs retrouver nos guides sur les platines vinyles ici ou encore la.

Pour les néophytes, on rappelle qu’un vinyle est une galette de plastique (généralement constituée d’un mélange de polychlorure de vinyle (PVC) et de polyacétate de vinyle), gravée sur ses deux surfaces.

Le passage du diamant le long du sillon transforme les ondulations créées en signal électrique. Ce signal est ensuite transmis au circuit d’amplification et aux enceintes.

Mythique et iconique, le vinyle a une place à part dans le monde de la hifi. Indétrônable pour certains, dépassé pour d’autres, le débat est sans fin mais impossible de rester indifférent face à sa sonorité unique. L’esthétique des pochettes y est également pour beaucoup !

Au vu du nombre de modèles proposés, le choix d’une platine vinyle peut être paraître complexe pour le néophyte. Entre le choix du bras, de la cellule, du plateau ou même du type d’entraînement, un minimum de connaissances reste requis. A noter qu’il existe des différences majeures de sonorité, suivant les matériaux qui composent la platine, et de la cellule qui l’équipe.

Quels avantages à écouter sa musique en vinyle ?

Si les cassettes audio ont presque disparu au tournant des années 90 (quelques irréductibles résistent tout de même), le disque vinyle continue sa progression. Mais pourquoi un tel engouement ?

Il reste, en effet, un support exclusif pour une majorité de styles prédominants des années 50 à 80, type Pop/Rock, Jazz, Funk, Disco…L’âge d’or du vinyle en somme ! Quelque soit l’époque, les albums à privilégier en vinyle sont donc ceux enregistrés en analogique, ou numérique, mais bénéficiant d’un mixage dédié pour ce support.

Si vous désirez vous replonger pleinement dans les années 60, 70, et 80, il est quasiment impossible passer à côté de la galette noire.

Pour s’en convaincre, inutile de chercher très loin. Voici une liste de 10 vinyles à écouter pour s’en convaincre :

  • Michael Jackson – Thriller
  • Pink Floyd – Wish You Were Here
  • AC/DC – Back In Black
  • The Dave Brubeck Quartet – Time Out
  • The Rolling Stones – Exile On Main St.
  • James Brown – The Payback
  • The Stooges – Fun House
  • Paul Simon – Graceland
  • Joy Division – Closer
  • Sade – Stronger Than Pride

Plus chaud, plus rond, plus naturel, ce sont les principaux qualificatifs que vous entendrez concernant le vinyle. Et c’est vrai ! Certes moins précis et dynamique (sur le papier) que le très mathématique format numérique, le vinyle n’en demeure pas moins riche en subtilités et en détails. Le son du vinyle est imparfait, l’oreille humaine l’est également, c’est pourquoi il nous paraît si naturel et agréable à écouter !

L’écoute d’un vinyle, plus reflechie, est aux antipodes des modes de consommation actuels. L’idée est d’écouter l’album dans sa globalité et dans l’ordre voulu par l’artiste, c’est d’ailleurs ce qui fait son charme. Prendre son temps, contempler les pochettes, nettoyer la surface, autant de choses qui redonnent de l’importance aux artistes et à l’objet.

Finalement, dans une ère du tout numérique, écouter un disque vinyle est un retour aux sources. Le processus d’écoute est fait de plus de contraintes mais son caractère « intemporel » l’emporte. 

Numérique : pratique et omniprésent

D’abord acclamé – pour le CD – puis décrié – pour le MP3 – la musique au format numérique constitue 90% du paysage audiovisuel actuel.

Véritable révolution à sa sortie, le CD a progressivement remplacé le vinyle. Moins contraignant dans son usage, plus précis dans son rendu, ce support offrait de nombreux avantages sur les 33 tours, au grand dam des fans de vinyles.

Sur un CD, les informations sont directement stockés au format numérique. Une succession de bits (0 et 1) sont ensuite décodés par un convertisseur numérique/analogique (DAC) et transmis à la chaîne d’amplification analogique.

Quels avantages à écouter sa musique en numérique ?

Alors qu’un vinyle incite/contraint à l’interaction physique, la musique numérique se veut plus immédiate et moins engageante : on peut changer de piste à la volée, d’artiste en une seconde et à l’extrême la musique devient peut-être davantage un bien de consommation, que de passion.

Comparé au vinyle, le CD offre une dynamique supérieure et une plage de fréquence plus large. Grâce à un échantillonnage plus élevé et le mastering numérique, c’est le support de prédilection pour la musique classique et électronique.

La musique dématérialisée : le format du XXIème siècle

Avec des revenus en hausse de 41.1% et 171 millions de comptes payants à travers le monde, impossible de passer à côté du streaming.

Si les ventes de CD se sont quelque peu effondrées ces dernières années, le streaming continue d’afficher une progression à deux chiffres années après années. Signe des temps, de nombreux albums ne sortent désormais qu’au format vinyle et en version dématérialisée.

Révolution technique et économique, le streaming a bouleversé le monde de la musique. De l’enregistrement, la production, jusqu’à la diffusion, tout est réalisé en numérique ce qui a permis l’affranchissement de nombreuses contraintes.

La baisse du coût des puces à mémoire flash, associée à l’amélioration des formats lossless, permet de stocker d’importants volume de musique dans un minimum d’espace. Une carte micro-SD mesurant à peine 1cm2, peut contenir jusqu’à 1300 albums en qualité CD (16bit/44kHz) ou la moitié en haute définition (24bit/96kHz).

Avec un disque dur de 1To, ce nombre grimpe à 3300 albums. Mais, ce n’est rien comparé aux plateformes de streaming en ligne affichant plusieurs millions d’albums en libre-service pour les abonnés.

On ne peut d’ailleurs qu’applaudir notre champion français Qobuz, qui année après année parvient à agrandir sa base de données tout en améliorant les fichiers déjà disponibles.

Eléments communs : chaîne numérique et analogique

Les enceintes : la clé de voûte

Qu’elle provienne d’un vinyle ou d’une plateforme de streaming, la musique doit forcément passer par une enceinte pour être audible.

Le son est une vibration mécanique, une variation de pression qui se propage sous la forme d’une onde. Pour obtenir un son, il est nécessaire de déplacer de l’air afin qu’il parvienne jusqu’à nos oreilles. Sur une enceinte, ce travail est dévolu aux haut-parleurs, que ce soit un woofer ou un tweeter.

Les enceintes peuvent être actives (ampli intégré) ou passives (ampli séparé), au format bibliothèque ou colonne, en deux ou trois voies. On peut aussi trouver des enceintes disponibles en version active et passive, comme les KEF LS50.

On ne le répètera jamais assez, mais comme le casque en nomade, l’enceinte est sans doute l’élément le plus important de la chaîne hifi. C’est au final, le seul médium du système qui produit la musique, au sens physique.

Ampli et pré-ampli : le moteur

Pour alimenter les enceintes, il faut un ampli hifi.

Cet appareil a la lourde tâche d’amplifier le signal d’entrée, celui qui provient de la source/DAC, vers les enceintes. Plusieurs technologies coexistent, Classe A, A/B, D et offrent des rendements ainsi que des sonorités différentes.

Photo 14 : photo Nuprime IDA-8 (classe A/D)

Un bon ampli est un indispensable, d’excellentes enceintes sans un ampli adapté restent sous-exploitées, même avec la meilleure volonté du monde.

Contrairement à une croyance populaire, privilégiez un ampli plus puissant que les enceintes sur votre chaîne hifi. Un ampli de 2x40W sur des enceintes de 80W aura toutes les chances de déchirer les membranes à haut-volume en raison de la distorsion, rarement l’inverse.

Le couple ampli + enceintes est au coeur de tout système hi-fi. Que ce soit du tout en un, comme sur les KEF LSX, ou en élément séparés comme chez Elipson sur son Music Center.

Au delà des fiches techniques, n’hésitez pas à réaliser des écoutes pour mieux vous rendre compte des différences entre chaque système.

Chaîne hifi analogique : platine vinyle et pré-ampli vinyle

Pour lire un vinyle, il est nécessaire de se procurer… une platine vinyle. Sidekick indispensable de la platine, on aura aussi besoin d’un pré-ampli phono, en charge de « corriger » le signal en sortie de platine.

Platine vinyle

Pour les plus néophytes, on rappellera qu’une bonne platine vinyle est la fusion de nombreux éléments :

  • la cellule MM/MC, en contact direct avec le vinyle c’est lui qui interprète la lecture du sillon en signal électrique
  • le bras de lecture, en plus de soutenir la cellule il doit transmettre le moins de vibrations possibles à la platine pour éviter les parasites. Très souvent en aluminium, on trouve même des modèles en carbone (plus rigide) très abordable comme la Debut Carbon de Pro-Ject
  • le plateau, il doit être le plus inerte possible pour absorber les vibrations
  • le système d’entraînement, à courroie ou magnétique sur les platines à entraînement direct

Vous pouvez retrouver nos guides d’achat sur la platine vinyle, ici ou encore ici.

Pré-ampli phono

Le pré-ampli phono fait l’interface entre la platine vinyle et l’amplificateur. Indispensable, il applique une correction RIAA sur le signal provenant de la platine vinyle avant de le réinjecter sur l’ampli audio.

Il existe autant de pré-ampli phono que de platines vinyles avec des prix en conséquence. Du simple Phono Box MM de Pro-Ject à l’incroyable Black Cube de Lehmann, capable de rivaliser avec des modèles bien plus onéreux.

Certains amplis ou platines disposent d’un pré-ampli phono intégré, pratique si vous n’êtes pas assez calé sur le sujet. S’ils ne rivalisent pas avec les modules séparés, sur des configurations entrée et milieu de gamme, la différence de prix ne justifie pas toujours l’achat d’un modèle séparé, plutôt qu’intégré.

Chaîne hifi numérique : transport et DAC

Avec une chaîne hifi numérique, la musique peut être au format CD ou directement dématérialisée.

Lecteur CD et Récepteur réseau

Dans le premier cas, il faudra simplement un lecteur CD. Celui-ci récupère les informations encodées sur le disque de plastique et le transmet au DAC, le convertisseur numérique-analogique. Un lecteur CD peut intégrer son propre DAC ou transmettre le signal brut vers un convertisseur séparé.

Certains lecteurs haut de gamme, comme l’Atoll MD100, proposent les deux options :

  • sortie ligne RCA pour profiter du DAC intégré
  • des sorties numériques coaxial/toslink pour envoyer le signal vers un DAC dédié

Pour les fichiers dématérialisés, il faut distinguer les systèmes avec fichiers stockés localement et ceux qui récupèrent les flux internet. Avec des fichiers locaux, la musique peut être disponible sur un support de stockage fixe (un disque dur), mobile (une carte SD / clé USB) ou séparé (un NAS ou un PC).

Pour la musique diffusé depuis un service de streaming comme Qobuz, Spotify, Deezer ou encore Tidal, il faudra se procurer un récepteur réseau. Connecté à internet via Wifi ou Ethernet, il assure l’interface entre ces fournisseurs de service et le DAC, intégré ou non.

Le DAC ou convertisseur numérique-analogique

Pierre de voûte d’une chaîne hifi numérique, le choix d’un bon DAC est primordial.

Il assure la bonne transformation du signal numérique (les fameux bits) en signal électrique exploitable par un ampli. Si les meilleurs DAC sont capables de lire et convertir des signaux très haute définition (24 et 32 bits), en lecture CD on peut très bien se cantonner au 16bit/48kHz

Quand il n’est pas intégré à la source, il faudra le connecter via un câble numérique. Très souvent, cette liaison se fait via un cable coaxial Cinch ou optique Toslink. Plus rare dans les systèmes hifi domestique, il est aussi possible d’utiliser une prise XLR.

Pour la musique dématérialisée, que ce soit en streaming ou en local, l’apparition de fichiers haute voir très haute définition a changé la donne. Si le gain en dynamique est simplement abyssal, il n’est audible que sur des productions d’exception ou tout du moins pensés pour ce type de format.

Reste qu’un bon DAC haut de gamme tel qu’un Chord Mojo offre une qualité sonore phénoménale sur de bons fichier.

Dans tous les cas, le choix du DAC ne doit jamais être négligé dans une chaîne hifi numérique. Associé à un bon couple ampli+enceinte, il sublimera l’expérience musicale.

Tester les produits en magasin

Si ce guide vous présente les principaux avantages des systèmes analogiques/numériques, on ne peut que vous recommander de les écouter pour vous faire un avis.

Que vous préfériez une chaîne hifi analogique ou numérique, n’hésitez pas à contacter un de nos experts par téléphone et mail, via notre site Retrofutur.

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